Le financement participatif

Été 2014. Placé en redressement judiciaire, le quotidien régional Nice-Matin (plus de 1000 salariés) est à vendre. Plusieurs groupes de presse et investisseurs sont sur les rangs. Mais in fine, ce sont les salariés constitués en coopérative qui parviennent à convaincre le tribunal de commerce. Outre le soutien d’une banque, ils ont levé plus de 300 000 euros par une dynamique campagne de crowdfunding. Laquelle fut relayée dans tout l’Hexagone.

Pour une partie du grand public comme des spécialistes, c’est un tournant. L’opération des salariés du journal niçois montre que le crowdfunding ne se limite pas aux projets culturels. Qu’il peut servir pour d’autres projets que l’édition d’un livre, la réalisation d’un film ou une action humanitaire.

Le législateur a du reste pris la mesure de la montée en puissance de ce type de financement professionnel. Depuis le 1er octobre 2014 des dispositions réglementaires protègent ainsi les porteurs de projet.

Le crowdfunding, c’est quoi?

Le financement participatif, littéralement « financement par la foule », s’appelle « crowdfunding » dans les pays Anglo-saxons et « sociofinancement » au Canada. Il consiste à faire appel à des personnes, particuliers ou sociétés, pouvant chacun apporter une partie des fonds. En général de 5 à 500 euros, avec des sommes intermédiaires : 10, 20, 50, 100 euros. L’objectif est alors de parvenir à une somme globale fixée par avance.

Il faut prendre en compte deux éléments essentiels. D’une part, la somme collectée complète généralement des financements pro déjà assurés. Que ce soit l’apport personnel du créateur ou repreneur d’entreprise, le concours bancaire ou l’aide publique. Par ailleurs, et outre la collecte de fonds, la campagne de financement participatif est également synonyme de vecteur de communication.

Pour convaincre le plus grand nombre de donateurs, il faut présenter le projet et mettre en avant son originalité. Et éventuellement ses vertus en terme de lien social, de développement durable, etc.

Cet argumentaire sera mis en avant sur la plate-forme de crowdfunding qui hébergera la campagne.

Autre élément caractéristique du financement participatif, le donateur, même modeste, peut recevoir une contrepartie.

Cette contrepartie peut être symbolique : son nom inscrit sur le livre d’or de l’entreprise, une visite des locaux ou un tee-shirt avec le logo de la société. Mais d’autres cas sont possibles. Il peut s’agir d’un prêt participatif avec intérêts. On parle alors de crowdlending. Une émission d’actions est également possible. C’est alors du crowdequity ! 

Les impératifs du crowdfunding

Dans tous les cas, l’entrepreneur précise la nature de son projet et les contreparties sur sa page dédiée, hébergée par la plate-forme de crowdfunding.

Reste une donnée fondamentale. Si se rendre dans des salons ou forums pour contacter « physiquement » d’éventuels donateurs compte, cette démarche est insuffisante. Une certaine maîtrise d’Internet et surtout des réseaux sociaux est nécessaire pour diffuser largement l’appel au financement participatif.

Facebook et Twitter sont largement usités, et il convient dès lors de choisir des relais possédant un grand nombre d’amis ou abonnés pour que la campagne circule.

Il peut s’avérer bienvenu dans ces circonstances de cibler son public. Un projet de start-up informatique risque de ne pas sensibiliser des « twittos » qui se concentrent sur l’actualité sportive. Et un projet de coopérative agricole peut laisser de marbre des internautes ayant d’abord l’art contemporain comme centre d‘intérêt.

Un fait est avéré : si l’économie sociale et solidaire demeure globalement très ouverte à cette forme de financement professionnel, ces dernières années le « crowfunding » a investi tous les secteurs économiques et toutes les « tailles » d’entreprises.

Selon l’Association Financement Participatif France,  plus de 2,3 millions de Français ont déjà participé (donc donné au minimum quelques euros) à un projet. En 2015, 18 000 projets ont été ainsi financés, totalisant 300 000 millions d’euros récoltés sur les plate-formes dédiées.

Quelle plate-forme de crowdfunding ?

Reste enfin à choisir la bonne plate-forme.

L’État a désormais décidé de délivrer un label pour mettre en avant les plate-formes de crowdfunding fiables. Sachant évidemment que la majorité d’entre-elles présentent des frais, généralement une commission sur le montant de la cagnotte.

Il faut aussi envisager quelle stratégie adopter si le montant désiré n’est pas atteint. Les politiques des plate-formes de crowdfunding varient. Certaines restituent les sommes aux donateurs, tandis que d’autres vous transfèrent quand même les fonds.

Ces paramètres sont à fixer avant même le lancement de la campagne de financement participatif. Ils seront essentiels dans le choix de la plate-forme.

Enfin, il faut savoir qu’outre les grandes plate-formes de crowdfunding connues du grand public, de nombreuses nouvelles sociétés émergent. Elles se distinguent par le choix des secteurs d’activité du projet (économie solidaire, PME, start-up, sociétés dans le domaine de l’énergie), le montant à récolter, la forme des contreparties (actions).

Dans ce dernier cas, la plate-forme de financement participatif vous permettra de « toucher » de nouveaux investisseurs potentiels. Que vous n’auriez pas pu contacter en faisant appel à votre seul réseau relationnel ou aux réseaux sociaux.

 

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Romain Amido

A propos de l'auteur,

Romain vous apporte son expertise sur les solutions financières et les prestataires disponibles grâce à son expérience et ses contacts acquis ces 6 dernières années sur les marchés financiers à Londres. Il est toujours à l’écoute de vos problématiques et vous apportera une réponse quoi qu’il en soit.

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