Fin-Track part à la rencontre des entrepreneurs afin de vous proposer leur retour d’expérience de financement professionnel. Il y a peu, nous avons échangé avec Clément Coeurdeuil, fondateur de Budget Insight. Sa startup propose une application pour centraliser les données bancaires au sein d’une interface unique et les rendre directement utiles pour les particuliers. Clément s’est financé via la plateforme de crowdlending (prêt participatif en français) Bolden plutôt que par une banque. Nous vous proposons ici un compte-rendu de son témoignage.

QUELLE EST L’ACTIVITÉ DE BUDGET INSIGHT ?

Budget Insight est une Fintech fondée en 2012 par Clément Coeurdeuil et Romain Bignon. Ces derniers sont partis d’un constat : gérer son argent est compliqué. Même aujourd’hui, même avec le numérique. Les banques ne proposent pas toujours d’outils performants pour répondre à ce besoin. D’où leur idée de créer une application qui récupère les données sur les interfaces bancaires et les rend intelligibles pour les particuliers. Afin qu’ils puissent suivre facilement leur budget et la répartition des dépenses par poste. Avec plus de 50 000 téléchargements et une bonne appréciation sur les plateformes dédiées, l’application Budgea a rencontré un beau succès. Si bien que Budget Insight a rapidement été approchée par divers acteurs de la finance (fintechs, banques, assurances … ) pour nouer des partenariats.

LES BANQUES MANQUENT D’OUTILS POUR FINANCER LES STARTUPS DE SERVICES 

« Elle va vous prêter surtout si vous avez acheté un bien »

Pour Clément Coeurdeuil, les banques sont inadaptées au financement des startups innovantes. Elles préfèrent en effet jouer la carte de la sécurité. Maîtriser leur taux de défaut et garantir leurs marges. D’où quelques attentes de leur part concernant le dossiers de financement. Les banques vont plus facilement vous accorder un financement pro si vous avez du matériel ou un bien immobilier à mettre en garantie. Les actifs physiques peuvent en effet être saisis si l’entrepreneur ne parvient pas à rembourser. Mais alors, quid du financement des entreprises innovantes qui développent des activités de services ?

« Elle va faire beaucoup de marge mais derrière ne va pas dynamiser l’économie et les entreprises qui ont un besoin de financement »

Pour Clément, les banques évacuent tout simplement le sujet. Elles accordent peu de financement pro aux entreprises qui souhaitent investir dans des logiciels, des ressources humaines ou de la formation. En somme le financement de “l’immatériel est compliqué”. Obtenir un crédit pro est difficile. Le dossier de financement de ce type d’entreprise a ainsi moins de chance d’obtenir une réponse favorable. Pour Clément Coeurdeuil le constat est sans appel : « La banque ne va pas dynamiser l’économie et les entreprises qui ont un besoin de financement« .

LE CROWDLENDING, UNE ALTERNATIVE AUX DIVERS AVANTAGES

« Ce qui était particulièrement intéressant pour nous c’était la vitesse d’accès aux fonds… »

Pour Clément Coeurdeuil, un des premiers avantages du crowdlending ou prêt participatif est la rapidité d’accès aux fonds, grâce “aux technologies digitales”. L’entreprise Budget Insight a ainsi pu lever 100 000 euros, remboursables sur 36 mois à un taux de 6.8%. Enfin, le versement de l’argent de la plateforme Bolden au compte pro de l’entreprise a été réalisé entre 24h et 48h.

« ainsi que la dimension sans garantie »

Pour Clément, le crowdlending est également une solution moins lourde en terme de garanties à fournir pour le dossier de financement. Et ce même si le taux d’intérêt est plus élevé qu’avec une banque. Ce qui ne semble pas poser de problèmes au dirigeant car: “la croissance de Budget Insight est de 100%”. La croissance de l’entreprise générée par ce prêt compense le taux d’intérêt plus élevé que dans une banque.

« Le deuxième intérêt est la possibilité d’impliquer les collaborateurs dans l’aventure »

Enfin, le crowdlending peut aussi être un moyen d’impliquer les collaborateurs dans la levée de fonds. Clément Coeurdeuil nous a ainsi confié qu’une dizaine de collaborateurs ont investi dans la cagnotte. « Quand je leur ai dit qu’on faisait un petit prêt participatif sur Bolden, intéressant car à 6,8%, pour eux c’était 6,8% sur lesquels ils comptaient car ils ont une confiance totale dans le développement de l’entreprise« . Si bien que, même si leur contribution n’avait pas été planifiée et n’était pas vitale, ce fut une belle surprise.

Retrouver l’interview complète ici

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Thomas Julia

A propos de l'auteur,

Thomas vous apporte son expertise en relations publiques et marketing digital, acquise lors des dix dernières années à Bruxelles, Paris et Barcelone. Toujours à l'écoute de vos besoins pour y répondre de manière la plus efficace possible.

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